TRIADE Pied Genou Colonne


LA TRIADE PIED-GENOU-COLONNE


Wersja polska



Version Italienne

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kowalski.casimir@gmail.com

Du même auteur:
Physiologie du pied
"Métatarsalgies
Troubles stato-dynamiques du pied et instabilité
Fasciites Plantaires

Il est impossible d'être médecin ou chirurgien du pied sans s'intéresser aux répercussions de ce dernier sur les segments sus-jacents.
Les syndromes le plus souvent liés aux troubles statodynamiques du pied sont les douleurs rotuliennes et les douleurs des articulations interapophysaires. Elles sont souvent à l'arrière-plan mais parfois elles représentent la plainte principale et n'aboutissent donc pas nécessairement chez les podologues.
Mais l'association pied-genou-colonne est tellement fréquente dans nos statistiques qu'elle représente une triade classique.

Pathogénie

Il s'agit de patients, le plus souvent de patientes, qui se présentent à notre consultation podologique pour une douleur au pied liée à une brièveté du système suro-plantaire, le plus souvent une métatarsalgie. Mais n'importe quelle pathologie du pied peut être associée à des douleurs supra-segmentaires pour autant qu'il existe un valgus de l'arrière-pied.
Ce valgus (terme qui nous paraît plus logique que celui de « pronation » car la déformation est dans le même plan que celui des genoux lorsqu'ils sont en valgus) résulte de la brièveté du système suro-plantaire et le plus souvent du seul gastrocnémien.
Le valgus s'accompagne d'une rotation interne des membres inférieurs et donc d'un strabisme des rotules. Cette rotation est proportionnelle à l'importance du valgus de l'arrière-pied et les deux sont proportionnels à la brièveté des gastrocnémiens. Il en est de même de l'excentration des tubérosités tibiales. Cette excentration est d'autant plus importante que le gastrocnémien est court.
La rotation interne des membres inférieurs accentue la lordose lombaire ; ce qui peut engendrer des souffrances lombaires postérieures. Elles intéressent, dans la grand majorité des cas, les articulations interapophysaires, parfois les apophyses épineuses ("kissing spine"), plus rarement les pédicules (spondylolyse et de spondylolisthésis).



La triade PIED-GENOU-COLONNE associe donc

I. Au niveau du pied, n'importe quelle douleur conséquente à une brièveté des gastrocnémiens responsable d'un valgus (le plus souvent une métatarsalgie (1), mais il peut s'agir d'hallux valux ou d'hallux rigidus, de tendinopathie des muscles équilibrateurs, du tibial postérieur ou de l'Achille, d'une fasciite plantaire etc...)


(1) métatarsalgie centrale par suppression du ressort de l'avant-pied.
II. Au niveau du genou, d'un syndrome d'hyperpression externe de la rotule (2-3) , à cause de l'excentration de la tubérosité tibiale, de l'accentuation de l'angle Q lors de chaque pas et du passage plus rapide de la rotule sur la trochlée.


(2) la tubérosité tibiale externe est excentrée ; ce déplacement est proportionnel à la brièveté du gastrocnémien et sera plus important si la brièveté survient plus tôt au cours de la croissance.



(3) du côté où le gastrocnémien empêche le pied d'atteindre l'angle droit, on observe une hyperpression externe de la rotule lorsque la radiographie est prise alors que l'on imprime une rotation externe à la jambe.


(Comme la brièveté des gastrocnémiens se rencontre plus souvent chez les filles , cela a donné l'idée erronée et confortable à une pléade d'orthopédistes maccistes à outrance que ces filles somatisaient leurs problèmes psychologiques au niveau de leurs rotules - pourquoi pas au niveau du sésamoïde externe du gros orteil au niveau duquel les anciens localisaient l'âme des individus ? Ces mêmes rotules ont été le plus souvent soulagées par simple allongement proprioceptif des gastrocnémiens grâce à une kinésithérapie très simple et aurait permis à des sorcières de ne pas être brûlées si on avait été au Moyen-Age).
III. Au niveau de la colonne (4) , une douleur localisée, le plus souvent paralombaire, accentuée par l'extension de la colonne ou, en position debout, par la mise des pointes des pieds en dedans : ce qui accentue la lordose (5) ; cette douleur localisée peut s'accompagner d'un referred pain suivant un trajet différent des nerfs du membre inférieur, affectant les masses musculaires et disparaissant après des manoeuvres d'échauffement (par exemple une manoeuvre de Lasègue répétée) ; cette douleur survient volontiers après une station debout prolongée et est soulagée par la position assise.


(4) image d'arthrose localisée aux articulations interapophysaires




(5) Le big toe test fait disparaître un valgus souple, réoriente les rotules qui présentaient un strabisme et délordose la colonne ; ce qui est mesurable sur un cliché radiologique.

Il arrive que l'un de ces composants vienne à manquer et que la souffrance n'affecte pas, par exemple, le pied lui-même (mais pas le défaut en valgus de l'arrière-pied).



Traitement.

Il est réalisé par des postures sur plan incliné sous la surveillance d'un kinésithérapeute bien informé. Une vingtaine de séances, à raison de 3 par semaine, suffisent en général.
Le résultat local (allongement du gastrocnémien que l'on constate cliniquement car on obtient une flexion dorsale passive normale du pied lorsque le genou est étendu ; ce qui n'oblige plus le pied à se « tordre » en valgus) peut se maintenir même après 20 ans (certains patients ont été revus après ce délai). Cependant, le plus souvent on note une récidive de la brièveté du gastrocnémien au cours des années qui suivent, mais jamais aussi importante que lors de la première visite. Il est dont recommandé aux patients d'effectuer des exercices quotidiens d'entretien de quelques minutes.


Statistiques

Elles concernent uniquement des femmes à partir de 15 ans. Elles aboutissent aux mêmes résultats chez les hommes dont le nombre revu n'a été que de 30 durant la même période.
Sur un total de 120 femmes souffrant à un des trois niveaux,
  • nous avons dénombré 98 métatarsalgies,
  • 33 douleurs rotuliennes,
  • et 35 syndromes vertébraux.
  • La triade a été retrouvée 13 fois soit 1 fois sur 10.
  • Elle était incomplète 18 fois soit 1,5 sur 10.
    Il existait donc une association pied-segments supérieurs 31 fois c'est à dire dans 25% des cas. Le syndrome vertébral postérieur était surtout présent quand il existait une asymétrie dans la brièveté des gastrocnémiens ou lorsqu'elle n'existait que d'un seul côté (83% des cas). Le traitement par allongement proprioceptif sur plan incliné a apporté une amélioration 5 fois sur 10 à tous les niveaux, 3 fois sur 10 de façon partielle ou seulement à 1 ou 2 niveaux. 2 fois sur 10, il n'y a eu aucune amélioration.


    Conclusions.

    De nombreuses douleurs aux trois étages - pied, genou, colonne - sont soulagées par simple kinésithérapie. Sans avoir à recourir, dans un premier temps, à aucun examen complémentaire car le simple examen clinique suffit.
    Il n'est pas permis de soigner des pieds sans s'intéresser à ce qui se passe aux niveaux supérieurs.
    Il en découle que la réciproque est vraie : on ne peut s'intéresser au genou ou à la colonne sans prendre la peine de faire un examen des pieds.

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